| L'ancien régime. |
|
La société
d'ancien régime à Louroux de Bouble était formée
en grande majorité de paysans et s'était développée
autour de ses trois "châteaux",
Tallayat,
la Motte et Boutevin, la
forêt
et ses ressources.
![]() |
Sur le blason du village, nous retrouvons, symbolisé,les trois châteaux et l'église. |
![]() |
Situé à proximité
du bourg actuel, le château de Tallayat comprenait chambres basses,
cuisine, chambres hautes, grenier au-dessus. Il y a une basse-cour, une
petite cour, un petit jardin et, à côté, le pré
de réserve.
Il est fait mention "de la chapelle à laquelle on accède par un degré". Au château de Tallayat étaient attachés - les cens en directe seigneurerie qui se livrent et percoivent dans la paroisse - les droits honorifiques du propriétaire de la terre, dans l'église de Louroux, comme droit de banc, droit de chapelle, sépultures et autres. - droits de charrois, manoeuvre à bras et droits de pêche dans la rivière de la Bouble, - justice haute, moyenne et basse, - usage des forêts de Sa Majesté pour chauffage, pacage et passage, - droit de chasse dans toutes les forêts de Sa Majesté. |
En 1700, à la mort de Sébastien de Chambon, le seigneur de Tallayat, les bâtiments ruraux étaient en ruine.
Autour de ces seigneurs
qui ne vivaient que rarement sur leurs terres, gravitait tout un monde
de fermiers, de juges, de procureurs d'office, de sergents, de praticiens,
de clercs.
Tous ces gens-là
étaient très en vue au milieu d'une population de laboureurs,
journaliers, gens de labeur, sabotiers, fendeurs,...
![]() |
Situé sur la route
d'Echassières le château de la Motte est peut être le
plus ancien car il y a de fortes chances pour que ce lieu-dit tire son
nom d'une motte féodale.
Les propriétaires furent longtemps la famille de Biottières puis Salvers Montrognon dont la dernière descendante meure le 6 pluviose An VII à Louroux. |
![]() |
Le château de Boutevin
est situé sur l'autre rive de la Bouble.
Possession des de Moriat, il passe successivement aux familles Fournier puis au 18° siècle aux Rouderon, bourgeois, dont un descendant sera le premier maire de Louroux après la révolution. |
Ces forêts étaient utilisées par les habitants pour nourrir les troupeaux de porcs. Un traité de 1611 stipule qu'un troupeau de 450 porcs seront "gardés ou à faire garder dans les fouretz de Boumal, Transsion, Collaictes et autres bois despendant..."
Mais les forêts étaient surtout la principale ressource des "uzagiers masuriers desdictes fouretz". Ce sont des ouvriers du bois - bûcherons, fendeurs, charbonniers, sabotiers - et leurs familles qui habitent des abris de branches et de mottes de terres, des cabanes. Ainsi pour le seul Boismal, on comptait au 18° siècle 50 loges habitées par 300 personnes, soit plus que la population actuelle de la commune !
Dans la zone de Louroux,
le trafic de sel était particulièrement actif. Dépendants
du grenier à sel de Gannat les habitants étaient soumis à
l'impôt dans toute sa rigueur alors qu'Ebreuil, très proche,
était en Auvergne donc exempt de gabelle.
Les employés des
gabelles étaient nombreux : des brigade à pied se trouvaient
à Ebreuil, Nades. A Louroux vivaient certains employés, un
capitaine Pierre Bournet en 1770, des lieutenants, des sergents et autres
"gabelous".
Le faux saunage se faisait
en achetant du sel à des marchands auvergnats, puis les paysans
prenaient des chemins détournés, de nuit, par groupe de huit
à dix, armés.
Ils entreposaient alors
le sel dans des caches, souvent en forêt.
Acheté cinq sols
le sac, il était revendu vingt sols (1704). Un voyage pouvait rapporter
100 livres au convoyeur.
A cette époque les
Colettes et Bois-Mal sont vraiment des forêts mal famées,
aux yeux de l'administration tout au moins :
"Le plus grand faux
saunage qui se fait en Bourbonnais provient des bois du Roy de Coulette
et Nades situés à deux lieüs et demy de Gannat, tirant
du côté de Bellenaves et Montmarault ; lesquels bois contiennent
8 à 9 lieües de circuit, où se réfugient tous
les faux sauniers parce qu'ils sont soutenus par plus de 6 à 700
ouvriers appelés fendeurs qui sont cabanés dans lesdits bois
où ils ont plusieurs cabarets, font une espèce de république....et
sont tous armés de fusils"
(Extrait d'une lettre de
M. Pallu, Fermier Général des gabelles à Moulins)
Le trafic ne disparut qu'avec la Révolution qui abolit la gabelle par le décret du 1er décembre 1790.