Les temps modernes
 
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Les changements de modes de vie, très lents aux siècles précédents, se sont accélérés dès la fin du XIX° pour modifier totalement la vie de la commune.
Ils ont commencé avec la construction de la ligne de chemin de fer de Commentry à Gannat, ont été amplifiés par les deux guerres mondiales et ont fait basculer dans la période actuelle pendant les trente glorieuses.

La construction de la ligne de chemin de fer. 

La déclaration d'utilité publique est du 14 juin 1861 et la ligne concédée à la compagnie d'Orléans en 1863.

Le profil accidenté de la ligne a impliqué d'importants travaux de terrassement et surtout la construction de nombreux et imposants ouvrages d'art parmi lesquels notre beau viaduc de la Bouble et celui du Bélon, tous deux sur la commune de Louroux.

En partant de Lapeyrouse, on rencontre d'abord le grand viaduc de la Bouble haut de 66 m et un tunnel de 200 m de longueur. La station de Louroux n'a pu être placée qu'au col même, dit des Cabannes.
Entre Louroux et Bellenaves, on franchit successivement les ruisseaux du Bellon et de Lapeyrière au moyen de viaducs de 48 m et 33 m de hauteur, deux tunnels de 102 et 444 m de longueur.
Les ouvrages de la section Gannat - Commentry sont les premières constructions métalliques précurseurs d'Eiffel.
Le grand pont est l'ouvrage le plus important de la ligne : la partie centrale, de 300 m de long, est en métal alors que la culée du côté Commentry est en maçonnerie, un viaduc à elle seule.
Les viaducs de Louroux ont été réalisés par les sociétés J.F. Cail et Cie et Fives-Lille et Cie .
Le test de ces viaducs a eu lieu le 28 novembre 1870 grâce à un train formé par 2 machines pesant chacune 65 tonnes et 6 wagons pesant au total 89 tonnes. La conclusion a été que les trains pouvaient circuler sans inconvénient à la vitesse de 40 km/h sur les deux viaducs.

L'ensemble de ces travaux était réalisé par de nombreux ouvriers qui envahissaient les bourgs proches des chantiers. Toutes les maisons étaient occupées, y compris les granges et même les greniers. Les cantines suivaient les ouvriers et l'une d'entre elles était installée au bourg, une autre aux Thuizards et la dernière à la Côte.

Les guerres. 

Bien que la population n'atteigne que 728 habitants en 1905, la guerre de 14-18 faucha 26 hommes de la commune.

Si la seconde guerre mondiale ne fut pas aussi meurtrière, elle fut cependant le théâtre d'un épisode tragique.
Le 14 juin 1944, un détachement de onze hommes d'un groupe de F.T.P. (Francs Tireurs Partisans) était venu chercher chez M.Groslières, marchand de bois, du ravitaillement.
Une patrouille allemande à pied, précédant trois voitures, déboucha au carrefour des Cabannnes vers 22h 45. Après un coup de feu du feldwebel, neuf maquisards réussirent à s'enfuir en abandonnant leur voiture et le butin.
Le quartier fut alors cerné et plusieurs hommes rejoignirent les deux maquisards qui n'avaient pu fuir dans la cave du bâtiment Groslières.
Le lendemain matin un détachement de la Gestapo arriva. Après un tri, onze hommes furent retenus, fusillés et la maison brûlée.

Le 16 juin, la commune fut entièrement cernée, des patrouilles perquisitionnaient en pillant des maisons. Un climat de terreur se prolongea sur une quinzaine de jours.

Le basculement dans l'époque moderne. 

Progressivement le mode de vie va basculer et les hommes seront remplacés par les machines.

Les premiers véhicules automobiles sont apparus en 1912, une Roger-Schneider de 12 CV achetée par M. Bourilhet, un tracteur Austin de 25 CV acquis par M. Lourdin en 1926 qui remplacèrent peu à peu les 45 chevaux et les nombreux attelages de vaches qui existaient encore en 1935.

Une autre source d'énergie se répandit à partir de 1923 : l'électricité, installée par la maison Melin et Cie de Saint Etienne.
Presque toute la commune est électrifiée en 1937.

Si le projet d'adduction d'eau date de 1935, une première tranche de recherche et de captage fut entreprise en 1948.
Mais c'est seulement 23 ans plus tard que l'eau coula enfin aux robinets du bourg.

Cette évolution des conditions de vie s'accompagna aussi d'un exode de la population, comme dans toutes les campagnes.
Malgré une remontée démographique après la seconde guerre mondiale qui atteignit 726 habitants en 1946, la chute, régulière, fit passer le nombre d'habitants à 500 dans les années 60 puis à 300 vers les années 80 à 284 actuellement.

Que nous réservent les prochaines décennies ? des établissements dans la communes de maisons pour retraités ? Un afflut de personnes actives cherchant un mode de vie plus calme ? Un développement du télétravail ?
Les citadins auront de plus en plus besoin de venir s'aérer à la campagne qu'il faut maintenir vivante, en évitant à tout prix la désertification.