| Les temps modernes. |
Les changements de modes
de vie, très lents aux siècles précédents,
se sont accélérés dès la fin du XIX° siècle
pour modifier totalement la vie de la commune.
Ils ont commencé
avec la construction de la ligne de chemin de fer
de Commentry à Gannat, ont été amplifiés par
les deux guerres mondiales et ont fait basculer
dans la période actuelle pendant les trente
glorieuses.
Le profil accidenté de la ligne a impliqué d'importants travaux de terrassement et surtout la construction de nombreux et imposants ouvrages d'art parmi lesquels notre beau viaduc de la Bouble et celui du Bellon, tous deux sur la commune de Louroux.
En partant de Lapeyrouse,
on rencontre d'abord le grand viaduc de la Bouble, de 66 m de hauteur et
un tunnel de 200 m de longueur. La station de Louroux n'a pu être
placée qu'au col même, dit des Cabannes.
Entre Louroux et Bellenaves,
on franchit successivement les ruisseaux du Bellon et de Lapeyrière
au moyen de viaducs de 48 m et 33 m de hauteur, deux tunnels de 102 et
444 m de longueur.
Les ouvrages de la section
Gannat - Commentry sont les premières constructions métalliques
réalisées par Eiffel.
Le grand pont est l'ouvrage
le plus important de la ligne : la partie centrale, de 300 m de long, est
en métal alors que la culée du côté Commentry
est en maçonnerie, un viaduc à elle seule.
Les viaducs de Louroux
ont été réalisés selon des plans Eiffel par
les sociétés J.F. Cail et Cie et Fives-Lille et Cie .
Le test de ces viaducs
a eu lieu le 28 novembre 1870 grâce à un train formé
par 2 machines pesant chacune 65 tonnes et 6 wagons pesant au total 89
tonnes. La conclusion a été que les trains pouvaient circuler
sans inconvénient à la vitesse de 40 km/h sur les deux viaducs.
L'ensemble de ces travaux était réalisé par de nombreux ouvriers qui envahissaient les bourgs proches des chantiers. Toutes les maisons étaient occupées, y compris les granges et même les greniers. Les cantines suivaient les ouvriers et l'une d'entre elles était installée au bourg, une autre aux Thuizards et la dernière à la Côte.
Si la seconde guerre mondiale
ne fut pas aussi meurtrière, elle fut cependant le théâtre
d'un épisode tragique.
Le 14 juin 1944, un détachement
de onze hommes d'un groupe de F.T.P. (Francs Tireurs Partisans) était
venu chercher chez M.Groslières, marchand de bois, du ravitaillement.
Une patrouille allemande
à pied précédant trois voitures, déboucha au
carrefour des Cabannnes vers 22h 45. Après un coup de feu du feldwebel,
neuf maquisards réussirent à s'enfuir en abandonnant leur
voiture et le butin.
Le quartier fut alors cerné
et plusieurs hommes rejoignirent les deux maquisards qui n'avaient pu fuir
dans la cave du bâtiment Groslières.
Le lendemain matin un détachement
de la Gestapo arriva. Après un tri, onze hommes furent retenus et
fusillés et la maison brûlée.
Le 16 juin, la commune fut entièrement cernée, des patrouilles perquisitionnaient et pillant des maisons. Un climat de terreur se prolongea sur une quinzaine de jours.
Les premiers véhicules automobile sont apparus en 1912, une Roger-Schneider de 12 CV achetée par M. Bourilhet, un tracteur Austin de 25 CV est acquis par M. Lourdin en 1926 remplacèrent peu à peu les 45 chevaux et les nombreux attelages de vaches qui existaient encore en 1935.
Une autre source d'énergie
se répandit à partir de 1923 : l'électricité,
installée par la maison Melin et Cie de Saint Etienne.
Presque toute la commune
est électrifiée en 1937.
Si le projet d'adduction
d'eau date de 1935, une première tranche de recherches et de captage
fut entreprise en 1948.
Mais c'est seulement 23
ans plus tard que l'eau coula enfin aux robinets du bourg.
Cette évolution des
conditions de vie s'accompagna aussi d'un exode de la population, comme
dans toutes les campagnes.
Malgré une remontée
démographique après la seconde guerre mondiale qui atteignit
726 habitants en 1946, la chute, régulière, fit passer le
nombre d'habitants à 500 dans les années 60 puis à
300 vers les années 80 à 284 actuellement.
Que nous réservent
les prochaines décennies ? Un retour de personnes cherchant un mode
de vie plus calme, l'établissement de communes de retraité
? Un développement du télétravail ?
Les citadins auront de
plus en plus besoin de venir s'aérer à la campagne qu'il
faut maintenir vivante, en évitant à tout prix la désertification.