La Révolution et le XIX°siècle
 
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La Révolution ne semble pas avoir donné lieu à des manifestations de violence dans notre commune mais elle a été marquée par un climat de grande peur de la faim, des réactions anti-révolutionnaires, des ventes de biens du clergé.
Quant au XIX° siècle il est marqué par le développement d'une économie rurale et des conditions de vie qui perdureront jusque vers les années 50.

  Les grandes pénuries.

Les grosses pénuries en grains se sont surtout manifestées en 1792 et 1793.

La pénurie atteint le département comme le montre une lettre du 5 décembre 1792 du Ministre de l'Intérieur qui annonce un secours provisoire composé de 4000 quintaux de froment et de 1000 quintaux de seigle, livrés par la municipalité de Nantes.
Le district de Montmarault recevra 2000 boisseaux, mesure de Moulins.

L'année suivante, on parle de famine :
"Le 17° jour de pluviose An II, ...un membre (du directoire du district de Montmarault) a exposé la pénurie des grains dans laquelle se trouvaient les communes de Bransat et Louroux de Bouble, qu'il était urgent de venir au secours de ces malheureux citoyens, qui depuis le recensement dernier ont consommé le peu de grains qu'ils avaient.
Nous, administrateurs...., arrêtons qu'il sera délivré aux citoyens de Louroux de Bouble la quantité de cent soixante boisseaux de seigle et quarante d'orge..et qu'en outre il serait recommandé aux citoyens de ces communes de mêler ces blés avec de l'avoine.."

  Réactions anti-révolutionnaires.

Au cours de la séance du samedi 20 mars 1790 de la commission intermédiaire de l'Assemblée provinciale de Moulins, on enregistre un procès verbal des officiers municipaux de la paroisse de Louroux de Bouble...qui constate un trouble de fait de la part de deux particuliers qui se sont opposés à la lecture et publication des décrets de l'Assemblée Nationale.

  La vente des biens du clergé.

Dès le 9 février 1791, des prés sont vendus 3300 livres à J. Fleury, 1010 livres à F.A. Barathier qui achète aussi l'église le 12 fructidor an VII et le presbytère de Louroux, 3200 francs le 13 fructidor An VIII à Gabriel Rouderon.

Il est à remarquer que les deux premiers acquéreurs sont des "bourgeois" de Louroux et que le presbytère a été vendu au beau-frère du curé.

La vie à Louroux au XIX° siècle.

  L'agriculture.

Les sols argileux de la commune, difficiles à travailler, étaient de préférence réservés à la prairie. Seuls les prés naturels étaient connus. Le bétail allait aussi pacager sur les communaux et sur les landes.

L'emploi de la chaux a permis de mettre en culture ces terres fortes et d'augmenter sensiblement les productions. Si au cours du Moyen-Âge on estime que les paysans récoltaient en moyenne le double du grain qu'ils avaient semé, les rendements à la fin du XIX° siècle atteignaient 10 à 15 quintaux par hectare.
Ce qui caractérisait l'agriculture d'alors était la prédominance absolue des cultures sur l'élevage. Il fallait d'abord faire produire au sol ce grain sans lequel c'était la famine. Il fallait aussi dans ce monde économique fermé, en complète autarcie, diversifier au maximum les productions.

Le seigle était la céréale qui tenait la première place. Il arrivait à maturité le premier et on lui faisait l'honneur de le faucher au "rateau". La paille de seigle, battue au fléau, était irremplaçable pour les liens et pour la confection des paillasses.

La culture du chanvre n'était pas négligeable et la production locale devait assurer l'approvisionnement en fil et toile.

Il y avait bien sûr de la vigne chez nous. Sur le cadastre de 1829 on remarque d'assez nombreux "champs de la vigne" dans presque toutes les sections. Les pentes autour du château de Boutevin très ensoleillées par leur orientation Sud, étaient garnies de ceps. Après le phylloxéra des années 1880, on n'a pas éprouvé le besoin de reconstituer toutes ces petites vignes dont le vin ne devait guère titrer plus de 5 ou 6 degrés.

  Les conditions de vie.

Malgré les améliorations, les crises de subsistance se sont encore manifestées de façon aiguë au cours du 19° siècle. Les premiers touchés par ces famines étaient les journaliers qui ne peuvent subvenir aux besoins de leurs familles que s'ils ne sont jamais malades.

"Les anciennes habitations des ouvriers agricoles sont d'une insalubrité extrême. Toute la famille y est mêlée dans un étroit espace souvent humide et peu aéré"
En ce qui concerne la nourriture, le pain fabriqué avec 3/4 de farine d'orge et 1/4 de froment servait de base à l'alimentation. En effet le salaire d'un ouvrier agricole était de 50 centimes par jour alors que le kilogramme de pain coutait 30 centimes.
Pour obtenir ce salaire, le journlier commence les travaux au lever du jour et les finit à la nuit. En moyenne la journée de travail était de 12 heures.

Les conséquences de ces conditions de vie transparaissent dans les documents de l'époque.
Dans un compte rendu d'une réunion du conseil municipal de 1853, on affirme que "la presque totalité des habitants de Louroux se trouve dans un état très voisin de l'indigence."
Dans les tableaux de recensement des classes 1850, 60 et 70, on constate un nombre important d'exemptions de service militaire pour les motifs de "faiblesse générale" - "rachitisme" - "faible constitution". Pour la classe 1851 on peut même noter un bien triste record : sur 8 jeunes gens recensés, 6 sont déclarés "impropres au service".